04 de maig 2016

SCANDALE!!!

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Des millions de citoyens ignorent encore la terrible et dangereuse trahison qui vient d'avoir lieu à Bruxelles, et les arrangements en catimini des lobbies de l'industrie avec les autorités européennes pour faciliter la commercialisation de pesticides ou de médicaments sans devoir rendre de comptes à personne : ni aux citoyens, aux agriculteurs, aux médecins ou aux malades, ni aux scientifiques indépendants, ni même aux autorités sanitaires censées les contrôler...
Aidez-nous à faire éclater le scandale !
Alors même que les révélations graves sur des produits phytosanitaires se multiplient (néonicotinoïdes tueurs d'abeilles (1), glyphosate (2), etc.)... Que les scandales éclatent partout dans le monde : Panama Papers (3), LuxLeaks (4), et TTIP Leaks (5) qui vient de révéler les manœuvres honteuses de l'industrie pour tenter de rendre les dossiers d'évaluation des pesticides encore plus opaques et déconnectés des citoyens ...
...Les multinationales agrochimiques SONT EN TRAIN DE VERROUILLER L'ACCÈS AUX ÉTUDES ET TESTS DE NOCIVITÉ DE LEURS PRODUITS, POUR EMPÊCHER QUICONQUE D'Y ACCÉDER et pour pouvoir poursuivre en justice toute association, citoyen consciencieux ou scientifique qui oserait divulguer ces études pour dénoncer publiquement la dangerosité des substances qu'ils commercialisent en Europe.
C'est cela que la Commission européenne et le Parlement européen ont voté il y a quelques semaines, avec la directive "Secrets d'affaires" (6). Une directive taillée sur mesure par les lobbies, pour les lobbies, et approuvée par des députés censés garantir "l'intérêt général" !
Surprenant ? Malheureusement pas vraiment : ces puissants groupes de pression disposent d'un arsenal incroyable pour influer sur les décisions européennes – je vais vous en dire plus dans quelques lignes.
Aujourd'hui Pollinis a besoin de votre soutien pour révéler ces abus le plus largement possible en Europe, et convaincre un maximum de citoyens qu'il devient urgent de s'opposer massivement, par notre nombre et notre poids, aux actions qui permettent à quelques grosses firmes agrochimiques de faire la loi en Europe :
--- Infiltration des comités scientifiques : comme personne dans les institutions européennes n’est capable de mener les tests scientifiques nécessaires pour évaluer la dangerosité d’un pesticide sur les abeilles(7), les autorités sanitaires délèguent ce travail à un groupe « informel » d’experts, l’ICPBR (International Commission on Plant-Bee Relationships) qui, lui, est composé aux deux tiers par... des membres de l’industrie agrochimique !(8)
--- Infiltration des comités consultatifs : parmi les 943 conseillers à l'agriculture auprès de la Commission européenne, 80% représentent des groupes d'intérêts qui défendent l'agriculture intensive, ou viennent directement de l'industrie agro-alimentaire. Ces conseillers sont là entre autres pour... aider la Commission dans l'autorisation de nouvelles substances en Europe ! (9) Pire : lors de l'élaboration de la directive "Secrets d'affaires", le groupe chargé du projet était composé d'une armada d'experts, de consultants, de juristes et d'avocats travaillant directement pour l'industrie... et de seulement deux membres du personnel de la Commission !
--- Armées de lobbyistes sur place à Bruxelles pour faire pression directement sur les décideurs politiques, tisser des réseaux jusque dans les bureaux les plus reclus de la Commission, organiser des RDV privés dont aucun compte-rendu n'est disponible... Au total, ce sont plus de 150 lobbyistes professionnels (10) qui travaillent ainsi d'arrache-pied à Bruxelles pour défendre les intérêts de l'agrochimie et l'agriculture industrielle. Et en face, à peine une poignée de défenseurs des citoyens pour les contrer...
--- Financements scientifiques et académiques de grande ampleur pour blanchir leurs produits. Ce sont ces fameuses études auxquelles il sera impossible d'accéder une fois la directive entrée en vigueur. Et pourtant, c'est sur la base de ces études payées par l'agrochimie que sont censées se baser les autorités sanitaires pour autoriser la mise sur le marché d'une substance comme les néonicotinoïdes ou le glyphosate – études auxquelles plus aucun scientifique indépendant n'aura accès pour contester leur véracité : l'autorisation de commercialiser un pesticide sera donc basée sur la « bonne foi » d'une multinationale qui brasse des milliards de profits annuels grâce à ce même produit. C'est renversant !
--- Chantage à la délocalisation et pressions diverses sur les responsables politiques : quand, malgré cette mainmise incroyable sur les décisions européennes, les citoyens arrivent à convaincre la Commission et le Parlement d'agir dans leur intérêt… les lobbies utilisent l'appareil juridique ! C'est ce qui s'est passé avec le moratoire sur les pesticides néonicotinoïdes : après une bataille de longue haleine des associations de citoyens, d'apiculteurs et de défenseurs de l'environnement, la Commission a été contrainte d'interdire pendant deux ans trois de ces pesticides tueurs d'abeilles. Résultat : Bayer, BASF et Syngenta ont immédiatement démarré un procès. (11)
Alors oui, on peut le dire : les lobbies ont leurs pions partout. Et la bataille va être longue pour que les citoyens reprennent le pouvoir qui leur a été confisqué.
Mais quand je vois les avancées cruciales que nous avons obtenues, vous et moi, dans notre combat pour la protection des abeilles, de la nature et de notre alimentation, je me dis que nous avons les capacités d'organiser rapidement le contre-pouvoir citoyen qui est encore beaucoup trop faible aujourd'hui à Bruxelles.
Jamais la Commission européenne n'aurait promulgué d'interdiction partielle des pesticides néonicotinoïdes tueurs d'abeilles (et n'aurait été sur le point de les interdire définitivement !) si nous n'avions sonné le tocsin avec les apiculteurs, et n'avions mobilisé les citoyens à travers toute l'Europe - 1 million de personnes regroupées derrière le slogan #StopNeonics !
Petit à petit, et grâce au soutien des membres de Pollinis, notre association s'est équipée et renforcée, nous avons gagné en expérience et en connaissance du terrain.
Si bien que, à chaque fois que l'industrie agrochimique revient à la charge avec de nouvelles substances toxiques ou de nouvelles lois pour empêcher les citoyens de mettre leur nez dans ses affaires, nous sommes prêts pour la riposte !
Notre dernière pétition contre la directive "Secrets d'affaires" a réuni plus de 400 000 citoyens en seulement quelques jours. Et nous sommes en train d'organiser au plus vite une contre-offensive en France et en Europe pour faire barrage aux lobbies – devant les tribunaux s'il le faut !
C'est une force de frappe que nous ne pouvions que rêver d'avoir il y a encore deux ans !
Mais c'est encore malheureusement bien insuffisant pour contrer l'influence des lobbies agrochimiques à Bruxelles, leur armée de lobbyistes et leurs connexions dans toutes les institutions et comités consultatifs qui existent !
Pour organiser efficacement et rapidement un contre-pouvoir citoyen qui puisse vraiment peser dans la balance face à l'agrochimie – notre lobby à nous, les défenseurs de l'abeille et de la nature – il n'y a pas 36 solutions : nous devons être extrêmement nombreux, et nous devons trouver les moyens de financer nos actions – auprès des citoyens comme vous et moi, et pas auprès d'entreprises ou d'États sur lesquels nous ne pouvons visiblement pas compter !
Vous le savez, ce qui fait la force des lobbies qui défendent les intérêts de l'agrochimie, ce sont leurs budgets exorbitants - les dizaines de millions d'euros que les firmes industrielles leur déversent chaque année.
En face, nous ne pouvons pas espérer rivaliser sans un minimum de moyens.
Je ne suis pas en train de dire que de simples citoyens doivent pouvoir sortir des millions pour rivaliser avec l'industrie. Nous n'avons pas besoin de ce genre de budget pour être efficaces.
Mais pour payer des juristes, des avocats, des ingénieurs agro et des chercheurs capables de réaliser les études dont nous avons besoin pour faire éclater les scandales... pour mener de vastes campagnes d'alerte et de mobilisation des citoyens sur Internet... pour dénoncer publiquement les manœuvres de lobbies - et y couper court avant qu'elles ne mettent en péril l'alimentation et la santé de toute la population ! – nous avons besoin d'argent.
Nous avons calculé que, entre les prochaines actions contre les pesticides tueurs d'abeilles et celles pour faire tomber la directive « Secret d'affaires », nous avons besoin de réunir au plus vite un budget de 120.000 euros.
C'est une somme énorme, j'en suis très conscient. Mais c'est une goutte d'eau par rapport à ce que mobilisent nos adversaires des lobbies.
Il suffirait  que 4000 personnes donnent 30 euros pour que ce budget soit bouclé en quelques jours et que nous puissions étendre immédiatement le réseau de surveillance des lobbies à Bruxelles, pour leur couper l'herbe sous le pied à la moindre nouvelle attaque sur les abeilles, l'environnement, ou notre droit à l'information sur notre alimentation et notre santé !
Notre objectif dans les semaines à venir est clair :
                    Faire éclater le scandale de la directive "Secrets d'affaires" partout en Europe, et montrer à des millions de personnes à travers tout le continent les manœuvres des lobbies de l'agrochimie pour faire autoriser leurs produits nocifs pour les abeilles et l'environnement, au mépris des lois et de la volonté des citoyens.
                    Faire grossir le contre-pouvoir sur place, au plus près des institutions, pour mener l'enquête, déjouer dans l'œuf les combines des agrochimistes, et les empêcher de sacrifier impunément notre alimentation et notre santé pour sécuriser leurs profits.
Aussi, si vous pouvez nous aider à mener ce plan de bataille à terme, rapidement, nous vous en serons tous très reconnaissants ici à Pollinis. Quelle que soit la somme que vous pourrez donner (15, 30, 50, 100 ou 200 euros, ou même plus si vous le pouvez !), ce sera une aide précieuse.
L'enjeu est gigantesque.
Si nous ne nous dressons pas d'urgence, tous ensemble, face à l'industrie agrochimique et son armée de lobbyistes, si nous les laissons faire la loi impunément à Bruxelles, non seulement il sera trop tard pour empêcher le verrouillage complet et définitif du système au profit de quelques multinationales qu'ils sont en train de mettre en place, mais la voie sera libre pour eux pour faire passer n'importe quelle nouvelle substance dévastatrice pour les pollinisateurs, la nature ou la santé humaine !
Ce recul incroyable de l'intérêt général deviendra la norme. Et il sera pratiquement impossible pour les associations de citoyens de se dresser face à l'industrie sans subir procès sur procès, et finir anéantis et criblés de dettes judiciaires !
Et je ne vous parle pas des conséquences terribles sur les pollinisateurs et la nature, une fois que l'agrochimie se sera débarrassée de tous les garde-fous...
Arrêtons le massacre, dès maintenant. Je compte sur vous, et vous remercie par avance pour votre engagement et votre soutien dans ce combat crucial pour notre droit à l'information et notre droit à protéger notre santé et notre environnement.
Nicolas Laarman
Délégué général